BTS Assurance

Épreuve E5 BTS Assurance : Gestion des sinistres – cours complets et méthode

Épreuve E5 BTS Assurance : Gestion des sinistres L’épreuve E5 du BTS Assurance, dédiée à la gestion des sinistres, est avec l’épreuve…

Contenu vérifié Basé sur le référentiel officiel
Mis à jour
Référentiel 2025 Programme officiel BTS
5 min de lecture

Épreuve E5 BTS Assurance : Gestion des sinistres

L’épreuve E5 du BTS Assurance, dédiée à la gestion des sinistres, est avec l’épreuve E4 l’épreuve technique la plus exigeante du diplôme. Coefficient 3, elle évalue la capacité du candidat à instruire un dossier de sinistre de bout en bout : de la déclaration à l’indemnisation, en passant par l’évaluation des préjudices, les expertises et les recours. La maîtrise de cette épreuve est directement liée aux perspectives d’emploi, car le poste de gestionnaire sinistres est l’un des plus recrutés dans le secteur.

Format et modalités de l’épreuve E5

  • Format : épreuve écrite de 3 heures
  • Coefficient : 3
  • Structure : dossier documentaire composé de plusieurs cas pratiques (2 à 4) portant sur des sinistres en assurance de biens et/ou assurance de personnes, avec annexes (déclarations de sinistre, rapports d’expertise, extraits de contrats, courriers)

La déclaration de sinistre : règles et délais

Tout sinistre doit être déclaré par l’assuré dans les délais fixés par le Code des assurances :

  • Incendie, explosion, catastrophe naturelle : 5 jours ouvrés (sauf catastrophe naturelle : 10 jours après publication de l’arrêté de catastrophe naturelle au JO)
  • Vol : 2 jours ouvrés à compter de la connaissance du vol
  • Dégâts des eaux : 5 jours ouvrés
  • Accident corporel : le plus tôt possible, délai contractuel souvent de 5 jours
  • Décès en assurance vie : sans délai impératif, mais dans un délai raisonnable

Le non-respect des délais peut entraîner la déchéance de garantie, mais celle-ci doit être prévue contractuellement et l’assureur doit démontrer le préjudice subi. La déchéance ne peut être opposée que si elle est stipulée dans le contrat en caractères très apparents (art. L112-4 du Code des assurances).

L’évaluation des préjudices et l’indemnisation

Le principe indemnitaire

En assurance de dommages, l’indemnité versée ne peut pas excéder la valeur du bien sinistré au moment du sinistre (principe indemnitaire, art. L121-1 du Code des assurances). L’assurance ne doit pas être une source d’enrichissement pour l’assuré. L’indemnité est calculée après déduction de la vétusté et de la franchise.

La vétusté

La vétusté correspond à la dépréciation normale du bien due à son usage et à son âge. Elle est exprimée en pourcentage et déduite de la valeur à neuf pour obtenir la valeur vénale :

  • Valeur à neuf : coût de remplacement par un bien identique neuf
  • Taux de vétusté : fixé selon des barèmes (ex : mobilier 10 %/an, électroménager 15 %/an, vêtements 20 %/an)
  • Valeur vénale = Valeur à neuf × (1 – taux de vétusté × âge)

Exemple : un canapé de 1 200 € (valeur neuf) âgé de 5 ans avec un taux de vétusté de 10 %/an → Vétusté = 50 % → Valeur vénale = 600 €. Si la franchise est de 150 €, l’indemnité versée = 600 – 150 = 450 €.

La règle proportionnelle

En cas de sous-assurance (bien assuré pour une valeur inférieure à sa valeur réelle), l’assureur applique la règle proportionnelle :

Indemnité = Dommage × (Valeur assurée / Valeur réelle du bien)

Exemple : maison valant 300 000 € assurée pour 200 000 €. Sinistre de 60 000 €. L’assureur versera 60 000 × (200 000 / 300 000) = 40 000 €. L’assuré supporte 20 000 € à sa charge.

L’expertise en assurance

L’expertise est le processus d’évaluation technique et financière des dommages. Elle est réalisée par un expert mandaté par l’assureur, qui peut être contestée par l’assuré :

  • Expert d’assurance : mandaté par l’assureur, évalue les dommages et détermine les causes et responsabilités
  • Contre-expertise : l’assuré peut mandater son propre expert pour contester l’évaluation de l’assureur
  • Tierce expertise : en cas de désaccord, les deux experts désignent un troisième expert dont la décision s’impose aux parties

Les recours et la subrogation

La subrogation

Après avoir indemnisé son assuré, l’assureur est subrogé dans les droits et actions de l’assuré contre le tiers responsable (art. L121-12 du Code des assurances). L’assureur peut donc récupérer auprès du tiers ou de son assureur les sommes versées. Pour que la subrogation s’exerce, il faut que le sinistre soit imputable à un tiers identifiable et que l’assureur ait effectivement indemnisé l’assuré.

Le recours entre assureurs

Des conventions entre assureurs simplifient les recours en matière de dégâts des eaux (convention CIDRE), de catastrophes naturelles et d’accidents de la circulation. Ces conventions fixent des règles de partage de responsabilité entre assureurs sans avoir à démontrer la faute.

Les sinistres corporels : spécificités

La gestion des sinistres corporels obéit à des règles plus complexes car elle implique l’évaluation de préjudices humains :

  • Déficit Fonctionnel Temporaire (DFT) : incapacité partielle ou totale pendant la période de soins
  • Déficit Fonctionnel Permanent (DFP) : séquelles permanentes évaluées en pourcentage d’incapacité
  • Préjudice esthétique : atteinte à l’apparence physique
  • Préjudice d’agrément : impossibilité de pratiquer une activité de loisir
  • Perte de gains professionnels : actuels et futurs

La nomenclature Dintilhac (2005) est la référence pour l’évaluation des préjudices corporels en France.

Méthode pour réussir les cas pratiques E5

  • Identifiez d’abord le type de sinistre : bien ou personne ? Quel contrat est en jeu ? Quelles garanties s’appliquent ?
  • Vérifiez les conditions d’application de la garantie : sinistre dans le périmètre couvert ? Délais de déclaration respectés ? Exclusions applicables ?
  • Calculez l’indemnité en plusieurs étapes : valeur de remplacement → déduction vétusté → application règle proportionnelle si nécessaire → déduction franchise.
  • Concluez sur la recevabilité du sinistre et les suites (recours possibles, documents à demander à l’assuré).

Entraînez-vous avec les annales BTS Assurance incluant les sujets E5 et maîtrisez le vocabulaire technique avec notre glossaire de l’assurance.

Sources & références officielles

  • Référentiel BTS Assurance — Ministère de l'Éducation nationale
  • CPAP du BTS Assurances (Commission Professionnelle Consultative)
  • Guide repère de formation — CRCF
  • Livret U6 officiel — Académie